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Les Relations des Jésuites contiennent 6 tomes et défont le mythe du bon Sauvage de Jean-Jacques Rousseau, et aussi des légendes indiennes pour réclamer des territoires, ainsi que la fameuse «spiritualité amérindienne».

jeudi, août 14, 2008

DERRIÈRE

LE RIDEAU DE FER


Ce drame, l'un des plus pathétiques de la chrétienté, machiné depuis plus d'un siècle, est peut-être le plus typique des forfaits accomplis par les Hautes Sociétés secrètes directement unies aux puissances d'argent. Ici, l'alliance est visible, le lien mis en lumière, la convergence vers le but commun si manifeste, qu'il devient impossible de nier l'étroite union des deux éléments de la Contre-Église, la Haute Loge et la haute finance. Et nous pourrions dire aussi, mais cela n'entre pas dans ce chapitre, que ce drame porte en lui, pour une part, le mystérieux destin d'Israël.

La question dite de "Berlin" et de la République de Pankow (celle des pays satellites) a une telle importance, quelle que soit son évolution à l'heure où seront lues ces pages, qu'il faut en connaître l'origine et le développement.

L'existence du Rideau de Fer se rapporte depuis des temps déjà lointains aux révolutions qui ont abouti à la Russie des Soviets; c'est pourquoi ce bref exposé requiert un ordre chronologique que nous allons suivre. En voici le plan:

1 ̊ - Préparation lointaine en deux étapes, l'une au commencement du XIXe siècle, l'autre vers 1860. C'est le tracé du programme qui se trouve maintenant réalisé.

2̊ - Première réalisation: la Révolution de 1917.

3̊ - Deuxième réalisation: Yalta et le Rideau de Fer.


4̊ - État actuel de la question.


AU TEMPS DE LA SAINTE ALLIANCE...


Le Rideau de Fer n'est ni une invention de Staline, ni, comme on l'a dit, une faiblesse de Roosevelt. La lettre de ce dernier que nous avons reproduite en un précédent chapitre témoigne d'une décision réfléchie de partager l'Europe comme il fut convenu à Yalta entre lui, Staline et Churchill et de l'accomplissement d'un vieux dessein de fédération romane, germanique et slave. Mais c'est plus que cela encore, car la première ébauche de ce partage remonte à une période qui se situe vers 1825.

Nous pourrions esquisser nous-mêmes une histoire de la Franc-Maçonnerie russe à cette époque, mais la chose, nous le savons, parait si étonnante qu'il vaut mieux laisser la parole à un orateur de la Conférence Internationale des Suprêmes Conseils du rite Écossais:

Quand, après 1770, Novikoff fut à sa tête, la Franc-Maçonnerie russe évolua peu à peu vers le mysticisme chrétien. Cette évolution se fit donc sous l'influence de plus en plus grande des Rose-Croix allemands, puis des martinistes et enfin des représentants des Hauts Grades de la Franc-Maçonnerie
suédoise.


L'orateur après avoir rappelé les répressions dont la franc-maçonnerie fut l'objet après la Révolution française puis sa rentrée en grâce auprès d'Alexandre Ier ajoute:

Malheureusement après les guerres contre Napoléon, le libéralisme de l'Empereur (Alexandre) fit place à des idées de réaction. Il fonda la Sainte Alliance et fit partie de la société "Nouvel Israël" et son mysticisme prit un caractère étroit.

La Franc-Maçonnerie russe engagea la lutte contre ces idées. Cette lutte se termina par la tentative révolutionnaire de décembre 1824 (les décembristès) dont presque tous les dirigeants appartenaient à différentes Loges maçonniques russes. L'échec fut complet. La Franc-Maçonnerie fut de nouveau interdite en 1826 et la Russie entra pour de longues années dans une période de réaction violente. Ceux des Frères-Maçons qui avaient échappé à l'exil ou à l'emprisonnement se rassemblaient parfois en secret mais la Maçonnerie cessa d'exister en tant qu'ordre constitué et ne joua plus aucun rôle dans le pays. Toutefois il n'est pas douteux que les idées maçonniques continuèrent, pendant près d'un siècle, à agir sur le milieu russe cultivé.


Remarquons tout d'abord cette expression "pendant près d'un siècle", qui témoigne de l'action des loges jusqu'à la Révolution de 1917. Elle constitue un aveu qui n'est pas négligeable et dont nous aurons l'occasion de vérifier l'exactitude. Mais que s'est-il donc passé vers 1825?

Entre 1817 et 1825 cent quarante-cinq loges au moins, martinistes pour la plupart, abritent, en Russie, les rêves et les conspirations socialistes des intellectuels, de nombreux officiers et d'une partie de la noblesse impériale qui n'excepte même pas les princes les plus en vue, tel un Galitzine. "Les illuminés de ce genre pullulent à Saint Petersbourg et à Moscou" écrit Joseph de Maistre. Mais au temps des répressions, ces Loges changent de peau; elles deviennent l'Alliance du Salut que le Czar Nicolas Ier saura bien réduire à son tour mais sans réussir à empêcher celle-ci de se transformer à nouveau en sociétés ou associations plus secrètes encore, telle l'Union du Sud et plus particulièrement les "Slavoniens unis" issus des loges très actives de Kiev. Tous ses membres étaient de haut grade maçonnique.

Le Catéchisme des Slaves expose les buts de cette redoutable société:
Par une alliance fédérative et un gouvernement républicain mais sans porter préjudice à leur indépendance respective, unir les huit pays slaves dont les noms étaient inscrits sur un sceau à huit compartiments: la Russie, la Pologne, la Bohême, la Moravie, la Dalmatie, la Hongrie avec la Transylvanie, la Serbie avec la Moldavie et la Valachie.
La Russie mise à part, on pourra remarquer les provinces ainsi désignées qui sont aujourd'hui emprisonnées derrière le Rideau de Fer. Nous en dresserons le tableau après l'exposé du plan Bakounine.

En 1847, au Convent international des maçonneries qui se réunit à Strasbourg précédant les révolutions de 1848, l'idée des États-Unis d'Europe fut largement commentée. Déjà on envisageait la formation de trois fédérations européennes: romane, germanique et slave. En 1935, le Pacte synarchique reprendra mot pour mot cette énumération qui d'ailleurs ne représente plus exactement le programme fédéraliste actuel de la Synarchie en Europe.

Nous avons signalé dans notre Introduction l'importance particulière de la période qui s'étend aux environs de l'année 1865. Soulignons-la à nouvpau en mettant en relief une convergence d'évènements qui, éclairant ceux que nous voyons se dérouler aujourd'hui, donnent la clef de situations dont on ne peut comprendre sans eux le mystère profond.

Bakounine, on le sait, fondateur et chef du nihilisme russe fomente partout l'agitation socialiste; le réseau de ses agents ou complices est particulièrement serré non seulement à l'intérieur de l'empire russe, mais aussi sur ses frontières, notamment en Pologne. Avec raison, Hertzen a écrit que les nihilistes russes sont nihilistes en Russie et socialistes ailleurs, et ce Socialisme, par un phénomène propre à l'âme russe, s'identifie à l'extérieur avec leur panslavisme.

On ne s'étonne donc pas de voir, en 1862, Bakounine non seulement reprendre le programme des Slavoniens du Sud, mais l'étendre. Dans une brochure titrée "À mes amis russes et polonais", il déclare:

Les Slaves, les Polonais nous sont nécessaires. Eux-mêmes nous aideront quand l'heure du combat panslaviste sera venue, quand on revendiquera toute la terre slave dans la Prusse orientale, la Bukovine, la Galicie, la Bohême, dans toute l'Autriche et la Turquie... C'est nous les Slaves qui devons ouvrir la voie aux Grands Élus.
Leipzig - 1862
(Cité par Deschamps - Les sociétés secrètes.)

Il convient de faire deux remarques sur ce texte capital:

1 - Avec les provinces citées plus haut dans le Catéchisme des Slaves, celles qu'indique Bakounine complètent à la fois le territoire de la Russie des soviets et celui de tous les pays du Rideau de Fer. Nous allons en dresser le tableau.

2 - Mais le Nihilisme russe n'est plus à cette époque que la branche russe de l'Alliance républicaine universelle dont le Siège, nous l'avons dit, est à New-York, dont le fondateur est précisément Mazzini, le révolutionnaire italien, collaborateur du Frère-Maçon Albert Pike dans l'œuvre de création de la Haute Maçonnerie universelle et cela à la même époque et aux États-Unis où Jacob Schiff, ancien agent de Rotschild en Allemagne, vient, lui aussi, s'installer pour financer de là, les révolutions russes jusqu'à celle de 1917. Il y a vingt ans environ qu'a été fondée, également à New-York, la puissante maçonnerie exclusivement juiv8 des B'nai Brith (1843). Et c'est enfin en 1872 que l'Internationale de Karl Marx vient établir son siège également à New-York.

La révolution, la haute maçonnerie du Palladisme, la haute finance internationale, tout est là, comme à un rendez-vous fixé d'avance à cette même époque, en ce même lieu.

Et l'on songe à la déclaration du président Grant, déjà citée, disant au peuple américain que les États-Unis seraient la nation guide.

Bakounine lui aussi savait à quoi s'en tenir, car la Russie elle, non pas nation-guide, mais peuple-cobaye, aurait pour mission de bouleverser l'Occident.

Nation-guide, peuple-instrument, la première: refuge du Capitalisme et des organes directeurs, le second, réduit en esclavage pour épouvanter le monde de sa puissance aveugle et menaçante afin de le contraindre "par le consentement ou par la conquête" (Warbourg) à se plier un jour, non pas sous le joug du communisme soviétique, mais sous le Gouvernement Mondial des "Grands Elus", c'est-à-dire des Mages de la Haute Maçonnerie universelle.

On songe dès lors aussi à la prophétie de la Salette:

En 1864, les démons décharnés sortiront de l'enfer.

C'était l'année de la première grande réunion du communisme naissant à Martin's Hall à Londres.

Et l'on voit enfin ce qu'il faut penser de l'Ouest libre, de l'Est asservi. Où donc est l'ennemi, la Contre-Église, si ce n'est aussi bien en Occident qu'en Orient?


TABLEAU DES PROVINCES DU RlDEAU DE FER

Logiquement nous devrions le donner après avoir parlé de la Révolution de 1917 et de la conférence de Yalta (1943). Nous le donnons ici, après ces deux documents du XlXe siècle, afin que le lecteur se rende mieux compte que déjà en 1862 la chose étudiée, élaborée, pesée est bien arrêtée. Il n'y a plus que deux guerres à faire pour tout réaliser. Reprenons l'énumération des provinces et l'on a:

1. ROUMANIE formée de la Transylvanie, de la Valachie, de la Moldavie.

2. TCHÉCOSLOVAQUIE formée de la Moravie et de la Bohême.

3. POLOGNE agrandie de la Posnanie ou Poznanie, de la Silésie et d'une partie de la Galicie.

4. HONGRIE.

5. PRUSSE ORIENTALE Allemagne de l'est, capitale PANKOW.

6. RUSSIE DES SOVIETS avec la Bukhovine et une partie de la Galicie (Ukraine).

7. YOUGOSLAVIE avec la Dalmatie et la Serbie - (état communiste en dissidence avec les Soviets).



LA RÉVOLUTION DE 1917

Ue bonne heure, le groupe bancaire Jacob Schiff apporte son appui à une "Intelligentsia" animée par la Franc-Maçonnerie des B'nai Brith. De nombreux ouvrages ont dénombré, nommé, décrit ses membres aux États-Unis. Nous recommandons en particulier les ouvrages d'Ollivier. Mais les B'nai Brith ont semé aussi de nombreuses loges en Angleterre, en Allemagne, en Russie. Avec le Président Théodore Roosevelt, elles suscitent mille obstacles au gouvernement des Czars, soutiennent les mouvements séditieux, contrecarrent la politique extérieure de l'Empire. Ce sont elles et le groupe Jacob Schiff qui aident les révolutionnaires de 1905 et mettent à profit la guerre russo-japonaise pour amener le Czar à des concessions intérieures qui vont favoriser les travaux de sape préparatoires à la grande Révolution.

Nous ferons une remarque avant de passer en revue les éléments moteurs de cette révolution.

En 1916, les paysans russes possédaient 78, 74 % des terres exploitables. La Russie marchait à pas rapides dans la voie du progrès. Au contraire, les Soviets ont fait régresser le mouvement vers les Kolkozes. Il faut voir en eux la cause originaire et directe des crises agricoles.

Trois éléments interviennent dans la préparation et le déclenchement de la révolution rouge en dehors, bien entendu, de la troupe d'agitateurs qui vont prendre le pouvoir. Ces éléments sont essentiels et déterminants car sans eux les Lénine, Zinoviev, Trotsky et autres n'auraient jamais pu arriver à leurs fins.

1 - Les sociétés secrètes à l'intérieur de la Russie.

Une véritable folie occultiste s'est emparée des classes dirigeantes à la fin du XIXe siècle. Avec la complicité de l'âme slave, les survivances du rosi-crucisme allemand, du Swendenborgisme et surtout du martinisme affectent les milieux cultivés, la noblesse, les hauts fonctionnaires, jusqu'aux ministres et la Cour elle-même où en 1880, on fait venir un mage, Henri de Langsdorff, bientôt suivi de Jean Hitsch, dit Jean de Cronstadt. En 1900, c'est le fameux Mage Philippe, qui prend la relève, introduit à la Cour par les grandes duchesses et le grand duc Wladimir, à la suite d'une conférence de Papus. Le Mage Papus lui-même (Dr Encausse) y est appelé en 1905 "par quelques uns de ses fidèles très haut placés qui avaient besoin de ses lumières" lit-on dans les mémoires de Maurice Paléogogue, ambassadeur de France à Saint Pétersbourg. Une loge martiniste a été fondée à la Cour que le Czar et l'Impératrice, victimes de tout ce mysticisme échevelé, fréquentent assidument. En 1906, après le départ de Philippe, le sinistre Raspoutine s'installe. Avec lui ce ne sont pas seulement les influences d'ordre psychologiques les plus contradictoires qui s'exercent sur le couple impérial, c'est le lamaïsme tibétain doublé d'influences politiques allemandes qui désorganisent les esprits. Au début de 1917 après sa mort, on évoque encore son fantôme dans les milieux spirites et les loges martinistes où tous les soirs Protopopov, ministre de l'Intérieur, Dobrowsky, ministre de la Justice, et le prince Kourakine se livrent à ces pratiques.

Tout ceci sert à la fois de caution et de paravent au travail qui se fait dans les loges maçonniques où évoluent les auteurs de la révolution: Milioukow, Lvoff et Kerinsky.

2 -
Les obédiences maçonniques internationales.

Au nombre de ces obédiences il faut naturellement compter les B'nai Brith dirigés d'Amérique, mais la Grande Loge d'Angleterre, l'Écossisme, l'O.T 0. (Ordre du Temple d'Orient) le Grand-Orient y sont aussi représentés; quoique de rites différents, leurs membres forment, en Russie, un groupe spécial appelé le Grand Orient des peuples de Russie qui a pour but d'abattre la dynastie par la Révolution.

En voici la preuve irréfutable:

Dans la période qui précède de peu la guerre mondiale fut fondé en
Russie, de 1909 à 1913, par certains maçons initiés en Europe occidentale, une organisation qui s'appela le Grand Orient des peuples de Russie. Cette organisation n'avait de maçonnique que le nom n'ayant ni rituel ni rapports avec les Francs-Maçonneries étrangères. Son but était purement politique: suppression du régime autocratique.


Au commencement de la première révolution (mars 1917) il y avait en Russie une quarantaine de Loges comptant 400 membres. Quand fut atteint le but politique poursuivi, cette organisation déclina rapidement et cessa d'exister dès que la plupart de ses membres quittèrent la Russie (1919-1920) et que le gouvernement soviétique prit une attitude nettement hostile à la Franc-Maçonnerie.
(Conférence internationale des Suprêmes conseils du Rite Écossais Ancien et accepté - Paris 1929)


Voilà donc le témoignage de la très haute maçonnerie et non pas des Loges Bleues (basse maçonnerie).

3 -
Les financiers internationaux.

Le document auquel nous allons nous référer, cité dans certaines publications relatives à la Révolution, a aussi le privilège, comme beaucoup de ses semblables, d'être soigneusement passé sous silence dans nombre d'écrits traitant ce sujet. Ce silence confirme ce que nous disions plus haut: on combat le communisme, on ne démasque ni ses auteurs ni ses protecteurs.

Il s'agit du rapport adressé de Washington au Gouvernement français pendant la guerre, par le chef du Service des renseignements. Il a été publié pour la première fois dans le n̊ 1 du 23 septembre 1919 du journal "À Moscou" édité à Rostow-sur-le-Don. Analysons les passages les plus intéressants de ce rapport:

En février 1916 on apprit pour la première fois qu'une révolution se préparait en Russie. On a découvert les personnes et maisons suivantes participant à cette œuvre subversive:

1. Jacob Schiff

2. Kuhn, Loeb et Cie maison de banque dirigée par Jacob Schiff :
Felix Warbourg
Otto Kahn
Mortimer Schiff
Jérôme H.
Hanauer

3. Guggenheim

4. Max Breitung


En avril 1917 Jacob Schiff a fait une déclaration aux termes de laquelle la révolution avait éclaté grâce à son appui financier.

Au printemps de 1917, Jacob Schiff, - Juif chef de la banque Kuhn, Loeb and Co., mort en octobre 1920 - commença à envoyer de l'argent au Juif Trotzky - pour déclencher la Révolution.

De Stockholm, Max Warbourg finançait également Trotzky et ses acolytes. Ils ont été également soutenus par le syndicat Rhin-Westphalie, consortium juif, et par Olaf Aschberg de la banque Nye de Stockolm.

La maison Kuhn, Loeb et Cie est en rapport avec le consortium Rhin-Westphalie ainsi qu'avec la banque Lazard frères de Paris, la banque Gunzberg à Pétrograd, à Tokio et à Paris; ces entreprises ont en outre d'étroites relations avec la maison Speyer à Londres, New-York et Francfort-sur-le-Main ainsi qu'avec la Nye de Stockolm, entreprise juive et bolcheviste.

Tel est l'essentiel du document (7). Jacob Schiff était aussi l'ami personnel de Milioukoff, franc-maçon certainement martiniste, auteur de la révolution de mars 1917 qui chassa le Czar.

L'État-major allemand ne pouvait que souscrire à ces menées. Aussi voyons-nous Berlin apporter son appui à ce brain-trust international peu soucieux des soldats américains tombant aux côtés des alliés.

On remarquera en effet que leur réseau bancaire passait par l'Allemagne: syndicat Rhin-Westphalie, Hambourg, Francfort. Les Warbourg y exerçaient aussi leur art comme en Amérique et en Suède. Or, on sait que le 26 mars 1917, Lénine et ses compagnons, en tout trente deux comparses, quittaient la Suisse pour l'Allemagne d'où l'on devait les introduire en Russie. L'argent les y attendait. Nous ne savons pas si les finances nationales allemandes avaient arrondi les sommes, mais les virements avaient été faits dès le 2 mars par ouverture de comptes, sur l'ordre de la Reischbank, comme le prouve la note secrète adressée par le 3ième bureau le 12 février 1918 aux Commissaires du peuplé bolcheviste.

G.C.S. Bureau de Renseignements. Section R n. 292, Secret, 12 février 1918.

Au Président du Conseil des Commissaires du Peuple.

Le Département du service secret a l'honneur de vous informer que, sur le capitaine Konshin arrêté, deux documents allemands ont été trouvés qui portaient des notes et des timbres de la police secrète de Pétrograd. Ces documents sont les ordres originaux de la Reichsbank n̊ 7433 du 2 mars 1917, relatifs à l'ouverture de comptes à MM. Lénine, Sumenson, Koslovsky, Trotzki et autres personnes chargées de la propagande pacifiste, ouvertures faites en vertu de l'ordre de la Reichsbank n̊ 2754. Cette découverte prouve qu'en temps utile aucune mesure n'a été prise pour la destruction des documents ci-dessus mentionnés.

Pour le Chef de la division
R. Bauer ; adjoint: Bukholm.
(Documents parlementaires des États-Unis publié en France aux éditions Bossard)



4 - Résultats.

La révolution de 1917 réalisait le premier point du programme élaboré au commencement du XIXe siècle dans les groupements illuminés: une république socialiste russe, l'U.R.S.S. (Union des Républiques Socialistes Soviétiques).

Les traités de 1918 sont intimement liés au fait et aux buts de cette révolution.

Le démembrement de l'Empire catholique Austro-Hongrois a donné lieu à la formation de deux états appelés à faire partie par la suite de la "fédération" projetée autour de la Russie socialiste: la Tchéco-Slovaquie, la Hongrie et permit la reconstitution de la malheureuse Pologne promise à un sort qu'elle n'envisageait pas alors. Démembrement voulu, imposé par les puissances avides de l'Imperium mundi satanique poussant leurs pions peu à peu sur l'échiquier du monde. Une abondante littérature peut développer, analyser, raconter à son aise les heures et les péripéties de cette Paix de 1918 sans jamais parler de la Contre-Église. En présence des preuves de la préméditation, déjà séculaire, qui précéda l'évènement et du refus d'une paix qui eut évité le crime, comment ne pas être soulevé d'indignation par le silence qui l'accompagne encore? Car en 1917, le Pape avait proposé la paix, offert sa médiation; l'une et l'autre furent rejetées. Peu de temps après, la même année Charles IV d'Autriche succédant à François-Joseph proposait la paix lui aussi. Nouveau refus.

Il fallait que, l'Autriche démembrée en 1918, une nouvelle guerre ajoutât la Prusse orientale aux nouveaux états satellites en attente de la servitude, pour qu'on vit tomber le Rideau de Fer.

YALTA

Quand en 1922 sortit de l'ombre le mouvement synarchique "Pan Européen" on put constater que la Russie des Soviets était un objet d'horreur pour le promoteur du mouvement, M. de Coudenhove-Kalergi, qui, vêtu d'innocence candide, se faisait l'apôtre de l'Europe unie contre le Communisme.

Mais, le Pacte synarchique (1935), plus généreux et moins dégoûté, énonce à son article no. 83:

Nous reconnaissons que le bolchevisme convient actuellement aux peuples eurasiens.


Phrase lourde de sens caché pour qui ne cannait pas le programme des martinistes vieux d'un siècle! On peut penser qu'il s'agit alors de la Russie seule sans imaginer que bientôt les nations de l'Europe orientale doivent tomber sous le joug. Mais c'est ce dernier sens que prend l'article 592 divisant le monde en cinq "fédérations impériales déjà constituées ou en voie de constitution" quand il parle de:

La Société mineure des Nations pan-eurasiennes de l’U.R.S.S.

Nous retrouvons là, sinon le langage, du moins la pensée exacte du plan de 1825-1830.

La continuité du dessein est évidente. Le Frère-Maçon Franklin Roosevelt va se charger de le poursuivre, au nom du "Brain-trust" mondialiste dont il est entouré. Il n'est pas inutile de rappeler ici le passage de sa lettre à Zabrousky; il concerne l'Europe de l'Est:

Nous cédons â ses désirs (Staline) en ce qui concerne la Finlande et la Baltique en général; nous exigerons de la Pologne une attitude raisonnable faute de compréhension et de compromis. Il reste à Staline un vaste champ d'expansion dans les petits pays de l'Europe orientale. Il faut naturellement tenir compte de ces deux nations loyales que sont la Yougoslavie t la Tchécoslovaquie, sans omettre la récupération totale des territoires qui ont temporairement été arrachés à la grande Russie.
(1943)


La dernière phrase se rapporte à la Prusse orientale réclamée par Bakounine, on s'en souviemt, en 1862. Tout est consommé par ces assurances. Il ne reste plus qu'à dire: «Adjugé».

C'est maintenant la conférence de Postdam et puis celle de Yalta.

Et le Rideau de Fer tombe.

ET MAINTENANT?

La Russie soviétique n'a tenu jusqu'à maintenant que grâce à l'appui des sectes occidentales et des argentiers. En 1920, la révolution s'effondrait sans le soutien de ces derniers. En 1956, l'impitoyable rigidité du Rideau de Fer n'a pas fléchi devant la Hongrie martyrisée sous le regard impassible de l'Occident qui pouvait empêcher le génocide. Au contraire, au même moment, la VIème flotte américaine volait au secours des Soviets menacés dans leurs positions au Moyen-Orient par l'attaque franco-anglaise sur le canal de Suez. Ce Rideau de Fer, qu'un unanime vouloir de l'Occident eut pu faire lever, a été maintenu par la pure fiction d'une puissance qui n'égalait pas celle de l'Amérique et de l'Europe réunies. Ceux qui voudront bien lire les textes et examiner les choses n'auront aucun doute sur le dessein de la Synarchie toujours présent comme un impératif indiscutable à l'esprit des hommes de gouvernement.

Nous prendrons à témoin Coudenhove-Kalergi lui-même qui depuis 1922 jusqu'à ces derniers temps abritait sous le voile d'un européanisme antisoviétique les excluant de l'Europe, les peuples asservis appelés par le pacte synarchique les "possessions" de l'U.R.S.S. Si après la guerre on n'a signé aucun traité de paix avec l'Allemagne unie c'est - on n'en discutera plus, nous l'espérons, après la lecture des documents que nous avons exposés - dans le but de créer un état de fait: celui de deux états allemands, l'un en Europe, l'autre du côté Russe. Coudenhove-Kalergi n'a cessé depuis d'invoquer cette violence de fait comme génératrice d'un état de droit. C'est cela qu'il prétendait dans un mémorandum aux ministres des Affaires étrangères, lorsqu'il disait que l'Allemagne "de par sa division ne constitue pas un partenaire avec lequel on puisse traiter" et que, sa réunification étant impossible, il fallait rétablir des relations diplomatiques entre Bonn et Pankow tout comme entre deux états souverains (Le Figaro - 28/4/1959). Cela, lui valut l'exclusion de la section suisse du mouvement européen (Le Figaro - 24/6/59). Il n'en réitéra pas moins l'année suivante dans un autre mémorandum à Eisenhover, Mac Millan et de Gaulle, alléguant que, le Reich belligérant ayant disparu, aucune des deux Allemagnes n'était habilitée à signer un traité de paix (Le Figaro - 6/4/60). Il insistait encore plus tard, en invoquant le Jugement de la Cour de la Haye (Le Figaro - 23/10/62). Pourquoi? Parce que malgré un anticommunisme affiché M. de Coudenhove-Kalergi défend pied à pied le Pacte synarchique et l'œuvre du Frèere-Maçon Roosevelt. Le Rideau de Fer devait être intouchable.

De la Synarchie il a répété au long des ans et tour à tour des thèmes pris pour des dogmes par une bourgeoisie d'affaires ou de snoberie, incapable d'avoir d'autre politique que celle du chien crevé au fil de l'eau. L'âme débordante de sentiments d'humanité, ne demandait-il pas (Le Figaro - 2/2/60) d'appliquer la procédure d'autodétermination à tous les peuples du Rideau de Fer pour connaître leur "libre" choix de vivre: soit dans l' "orbite" soviétique, soit dans une communauté européenne. Comme si la sanglante "Autodétermination" de la Hongrie n'illustrait pas cette évidence que la condition d'un libre choix est d'abord de leur rendre la liberté!

Dans une interview du Président Kennedy après son élection, celui-ci déclarait:

Nous sommes pour la libération du territoire Est-européen de toute influence communiste imposée par la force.



Mais tout comme Coudenhove-Kalergi, il n'entendait nullement par là rendre d'abord et avant tout leur pleine liberté aux peuples du Rideau de fer.

La doctrine de l'autodétermination, ajoutait-il, est une doctrine fondamentale du parti démocrate.



Hypocrisie!... L'autodétermination sans la libération politique préalable n'est pas seulement un mensonge, c'est un piège pour les peuples asservis, derrière cette barrière fixée d'avance, depuis plus d'un siècle. On comprend pourquoi il n'y a pas de traité de paix avec l'Allemagne depuis 1944.

En somme, tous en reviennent à la légalisation du Rideau de Fer. Et c'est en cela que Coudenhove-Kalergi et tout l'Occident rejoignent - par les voies diverses où l'habileté du mensonge endort l'opinion - la thèse soviétique que Walter Lipmann du New-York Times, ayant interviewé Kroutschew et interrogé lui-même à son tour, confirmait nettement: reconnaissance "de jure et facto (de droit et de fait)" de la République de Pankow (L'Express 29/6/61). Il suffirait ensuite d'assortir cette reconnaissance d'un plan Rapacki quelconque, coiffant les deux Allemagnes d'une confédération pour que nous puissions nous attendre à l'accomplissement de la prophétie de Donoso Cortès qui voyait les Russes

se promener l'arme au bras â travers l'Europe.


Cet état de choses marqué de gigantisme et de contradictions, ne peut que nourrir des oppositions génératrices d'un conflit qui, cette fois, broierait l'Occident.

Pour l'instant, ce qui parait certain, c'est que l'équilibre économique et idéologique entre l'Est et l'Ouest dont on espère faire la surprise à l'Occident n'est pas de nature à imposer la paix d'autant plus que dans son essence il constitue en réalité une machine de guerre contre le catholicisme. Dans une brochure éditée à Tunis en 1921, un personnage qui ne semble pas être un très haut gradé dans les sociétés secrètes, mais qui à coup sûr a beaucoup entendu parler autour de lui des augures très initiés de la Haute Synarchie, écrit ceci:

Dans la deuxième moitié de ce siècle, nous la verrons (la Russie) collaborer avec la France â la réforme de l'Église Catholique et surtout nous la verrons donner â l'idée de fraternité cet équilibre qui lui manque encore.


Nous donnons la citation à cause de sa date: 1921.

Sans doute, au moyen de la concentration économique internationale, implante-t-on de plus en plus, et très à dessein, le socialisme technocratique en Occident (y compris les U.S.A.) tandis que la Russie présente les symptômes d'une amodiation de son régime économique, comme si, arrivés de part et d'autre à un point d'équilibre, la '3ynarchie espérait figer le monde en une planification qui ne serait ni le stalinisme ni le socialisme des démocraties mais un socialisme techniquement structuré et totalitaire.

À cette planification sociale on veut ajouter une planification religieuse pour standardiser les âmes en même temps que les corps. Nous en verrons la nature profonde dans notre deuxième partie.

Mais si une crise semblable à celle de 1919-1920 qui affecte aujourd'hui l'économie russe et contraint les Soviets à recourir aux bons offices des pays "capitalistes", renforce l'illusion d'un compromis pacifique en même temps que lucratif pour ces derniers, elle aggrave aussi la rivalité entre la Chine et l'U.R.S.S.

Alors, on assiste à ce phénomène: la Russie soviétisée par l'Intelligentsia, soutenue par elle, prenant une place inquiétante pour ses protecteurs, tandis qu'elle-même se voit disputer le sceptre du communisme mondial par la grande puissance asiatique. Il est vrai que la politique de Washington a favorisé le communisme chinois comme le soviétique. Ce machiavélisme ne se retournera-t-il pas contre ses auteurs qui, s'ils ont suivi un plan dont nous connaissons aujourd'hui le but en soupçonnant ses moyens, n'en ont certainement pas prévu toutes les conséquences?

Notes:

(7) Nous avons analysé ce document bien que l'authenticité en soit discutée sur le fait que le numéro de sortie des services de contre-espionnage français qu'on lui attribue, ne correspond pas au registre. Il existe d'autres sources qui le confirment.

En avril 1919, le Gouvernement Britannique publia un livre blanc intitulé Russia n̊ 1. Dans l'introduction on trouvait les informations du rapport adressé au Foreign Office (L. Balfour) en 1918 par Oudendyke, son chargé d'affaires en Russie, sur les origines, les buts et conséquences du bolchevisme qu'il fallait extirper au plus vite. À peine paru, ce livre blanc fut retiré de la circulation et remplacé aussitôt par une seconde édition d'où l'information Oudendyke avait disparu.

Le 12 février 1919, au Congrès des U.S.A. (Commission d'enquête du Sénat sur le bolchevisme) le R. George A. Simon, méthodiste, fut invité à déposer et déposa sur le nombre des israélites participant au gouvernement soviétique dont la majeure partie était originaire de East-Side de New-York.

Wickam Steed, écrivain et périodiste anglais et membre de la maçonnerie anglaise, dans son ouvrage Through Thearty years, non seulement raconte les tentatives faites pour faire admettre le gouvernement bolchevik aux Conférences dé la Paix à Paris mais aussi l'entrevue qu'il eut avec le colonel House, au cours de laquelle il lui dénonça "Jacob Schiff, Warbourg et autres financiers internationaux" comme étant les promoteurs de la révolution de 1917 pour convertir la Russie en un terrain d'exploitation.

Rappelons enfin l'Encyclique Divini Redemptoris:

Nous savons en effet que beaucoup d'entre eux (les peuples de la République Soviétique) souffrent sous le JOUG inique d'hommes qui, en grande partie, sont étrangers (aliens) au véritable intérêt de cette nation et que d'autres ont êté trompés par de fausses promesses. Nous condamnons le système (rerum rationes), ses auteurs et ses complices qui considèrent cette nation comme le meilleur terrain sur lequel ils ont semé le germe d'une doctrine élaborée depuis lonttemps pour, de là, la répandre par toute la terre.

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